Le neuvième colloque annuel de Pharma Système Qualité (PHSQ) centré sur l’inter-professionnalité francophone et hexagonale

La démarche qualité, clé de voûte de la pluri-professionnalité

Par Stéphane de Vendeuvre -  Co-fondateur de Théragora

Théragora - www.theragora.fr

Dans les pays industrialisés, le vieillissement de la population est à l’origine de l’augmentation des pathologies chroniques et du nombre de patients « polymédiqués ». Comment les systèmes de protection sociale, qui avaient été imaginés pour des malades souffrant de pathologies aiguës, doivent être repensés et réorganisés pour ne pas disparaître ? Tel était le thème central du neuvième colloque annuel de Pharma Système Qualité (PHSQ) : « La Qualité, clé de voûte de la pluri-professionnalité ». Au cours des deux tables rondes - « l’inter professionnalité francophone : source d’inspiration ? » et « l'inter professionnalité hexagonale, quadrature du cercle ? » - huit spécialistes (infirmier, kinésithérapeute, médecin, pharmacien) français et francophones ont mis en évidence l’intérêt de la qualité officinale pour développer les coopérations pluri-professionnelles.

Dans son rapport sur « L’avenir de l’assurance maladie », la Cour des comptes a rappelé que « le système de santé français, comme tous les autres, a des forces et des faiblesses et doit chercher continuellement à améliorer ses politiques de santé publique pour mieux prévenir les maladies et l’accès à des soins de qualité en ville comme à l’hôpital ».

« Cette réorganisation nécessite que les professionnels de santé travaillent autrement et s’engagent sur la voie de la coordination, source d’efficience et synonyme de qualité » rappelle d’emblée la présidente de Pharma Système Qualité, Laëtitia, Hible. Renforcée par l’élargissement des rôles de chacun, l’interprofessionnalité permet en effet de réduire les hospitalisations et d'améliorer le quotidien des malades par un meilleur accès aux soins.

 

Abandonner une organisation en tuyaux d'orgue

Elle offre en outre de nouveaux services et présente l’avantage de contribuer à dégager du temps médical. Elle permet donc aux praticiens de se recentrer sur leur cœur de métier : l’analyse clinique et le diagnostic. Une évolution nécessaire, à l’heure où la démocratie sanitaire a placé le patient au cœur de la réflexion. Les acteurs du système se doivent donc désormais d’abandonner toute vision dogmatique et de passer de l’hospitalo-centrisme et/ou du médico centrisme à une approche pluri-professionnelle « patient-centrée ». En clair, d’abandonner une organisation en tuyaux d’orgue au profit d’un décloisonnement désormais perçu comme la notion reine.

C’est l’option retenue par plusieurs pays francophones comme la Belgique, le Québec et la Suisse. En choisissant de confier aux pharmaciens d’officine un certain nombre de missions, ils se sont engagés sur la voie d’une approche pluri-professionnelle plaçant le patient au centre des préoccupations. Preuve, s'il en est besoins, que l’inter-professionnalité n’est pas un vain mot dans le monde francophone !

 

Prescrire un médicament ou un examen de laboratoire

En Belgique, les lois et les arrêtés royaux de 2009 et de 2014 ont défini un cadre pluriannuel d’exercice pour les pharmaciens. « L’accord de gouvernement du 9 octobre 2014, les a chargés d’actions de prévention, de dépistage précoce et de suivi pharmaceutique » explique Alain Chaspierre, président de l’association des pharmaciens belges.

Au Québec, le changement s’est également inscrit dans un cadre législatif avec l’entrée en vigueur de la loi 41. Depuis le 20 juin 2015, dans un cadre bien défini, les pharmaciens, peuvent ainsi prescrire un médicament ou un examen de laboratoire. Et « l’évolution semble séduire la population, puisque, selon les données de la RAMQ (régie de l’assurance maladie du Québec), 470 000 Québécois ont bénéficié de ces services » raconte Jean-François Desgagne président de l’association québécoise des pharmaciens propriétaires.

En Suisse, trois lois nationales (Loi sur l’assurance maladie, Loi sur les produits thérapeutiques, Loi sur les professions médicales) et 26 lois cantonales ont permis aux pharmaciens de promouvoir la santé et en particulier les politiques de prévention, de « trier » les malades aigus et d’accompagner et de suivre les patients chroniques. « Trois axes qui ont renforcé le rôle d’acteur de santé publique des pharmaciens », a estimé Luc Besançon, conseiller, Innovation et Affaires Internationales de l’association PharmaSuisse.

 

Une évolution majeure pour les pharmaciens d’officine

La France, quant à elle, s’est engagée dans cette voie dans le cadre de la convention conclue par les représentants des pharmaciens et l’Assurance maladie. Depuis 2012, des entretiens pharmaceutiques ont ainsi vu le jour pour les patients sous anticoagulants (AVK) et pour ceux souffrant d’asthme.

Depuis 2018, un bilan de médication est également possible pour les personnes âgées. A ces accords conventionnels doit encore être ajoutée l’expérimentation législative de la vaccination que la présidente du Conseil National de l’Ordre des pharmaciens, Carine Wolf-Thal, a qualifié d’« évolution majeure pour les pharmaciens d’officine » et qu’elle souhaite voir « étendue à une population cible élargie et à un plus grand nombre de régions ».

 

L'étape de la stratégie nationale de santé

Corrélativement, la Haute autorité de santé (HAS) dans le cadre de ses missions – élaboration de recommandation certification des établissements et évaluation des pratiques professionnelles – contribue également à développer l’inter-professionnalité. « Elle s’emploie d’une part, à valider les protocoles issus de l’article 51 de la loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST) ; et d’autre part à élaborer des parcours de soins par pathologies chroniques » a rappelé Marie-Hélène Rodde Dunet, responsable du service évaluation et pertinence des soins de la HAS.

Selon Pierre Louis Druais, président du Collège de la médecine générale (CMG), « une étape supplémentaire devrait être franchie avec la stratégie nationale de santé, présentée par l’actuelle ministre de la Santé ». Agnès Buzyn entend en effet « structurer les soins primaires pour assurer la qualité et la continuité des prises en charge » et faire en sorte que « la médecine de demain soit une médecine de groupe pluri-professionnelle avec la participation active des usagers de la santé dans le cadre de leur parcours de santé ».

 

Technologies de l'information

A charge dès lors au système de santé « d’encourager les professionnels à travailler plus étroitement les uns avec les autres, via des outils inter-opérants, afin de sortir de la logique du tuyau d’orgue qui segmente aujourd’hui encore la politique de santé à la fois entre la ville et l’hôpital et entre les différents professionnels de santé libéraux », estime Daniel Paguessorhaye, président de l'Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS).

Une évolution envisageable grâce aux technologies de l’information et de la communication (TIC) qui permettent à la fois une nouvelle organisation de l’offre de soins, une information des patients et de nouvelles collaborations entre professionnels de santé et entre ces professionnels de santé et les patients eux-mêmes.

 

 

Coordination optimisée

L’occasion selon Patrick Chamboredon, président de l’Ordre National des Infirmiers, «  de passer d’une médecine caractérisée par une succession d’actes sans liens réels entre eux à une médecine dite de parcours, proposant une prise en charge inscrite dans la durée, par des soignants coordonnés et exerçant de plus en plus au sein d’une équipe ».

A charge donc aux autorités de « permettre aux pharmaciens de s’intégrer davantage dans les dispositifs de coopération entre professionnels de santé mais aussi dans les réflexions sur les maisons pluridisciplinaires de santé, dont l’implantation doit s’articuler avec l’offre de soins pharmaceutiques », a encore ajouté Carine Wolf-Thal. Car les soins primaires doivent assurer la continuité de la prise en charge des malades et une coordination optimisée avec les spécialistes, les plateaux techniques et les établissements d’hospitalisation.

Les entretiens de Théragora
Covid-19 : Le Pr Bruno Lina analyse la deuxième vague.
Le professeur Bruno Lina, virologiste et membre du conseil scientifique COVID-19 analyse pour Théragora l'arrivée de la deuxième vague du SARS-COV-2 en France. Selon lui, la reprise des contaminations n'a rien à voir avec la situation connue en mars et en avril. Le comportement des Français et la mise en pratique des mesures d'hygiène entraîne une baisse importante de la transmission du virus. L'arrivée de la grippe hivernale ne devrait pas trop impacter le pays, à l'image de ce qui s'est passé dans l'hémisphère sud.
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