Par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé

Ma Santé 2022, 3 engagements prioritaires et 10 mesures phares

- Théragora le 18 septembre 2018/FL N° 13 - Page 0

Le vieillissement de la population, la forte augmentation des maladies chroniques, mais aussi les progrès technologiques, l’apparition de nouvelles thérapeutiques ou l’entrée du numérique dans le monde de la santé ont considérablement modifié nos besoins et nos approches en matière de soins. Les attentes des professionnels de santé ont également fortement changé. Les nouvelles générations de professionnels sont en demande de travailler plus collectivement, de bénéficier de nouvelles perspectives pour diversfier leurs parcours professionnels et de bénéficier de formations qui favorisent les passerelles et ne les enferment pas définitivement dans un seul métier.

Toutes ces évolutions représentent aujourd’hui autant de défis pour adapter un système de santé à bout de souffle, pensé à la sortie de la Seconde Guerre mondiale et qui répondait aux enjeux de santé publique de l’époque. Ces évolutions constituent autant de sources de motivation pour nous engager collectivement, pour améliorer durablement notre système de santé et maintenir son niveau de performance.

Ces six derniers mois, des consultations ont été organisées partout en France afin de donner la parole aux acteurs de la santé, aux patients et aux citoyens. Les résultats de ces consultations ont montré que notre diagnostic sur l’état du système de santé était largement partagé. Ils ont aussi souligné la volonté des acteurs de s’engager plus loin encore pour améliorer les soins en France. C’est aussi ce qu’a montré le dernier rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie dans sa contribution à la transformation du système de santé. Forts et conscients de ces constats, nous avons à présent la responsabilité collective de passer à l’action. Cette responsabilité sera assumée par le Gouvernement et mon ministère, mais elle doit également être celle de tous les acteurs et professionnels de santé. Ils sont au quotidien, dans tous les territoires et au plus près des patients, les maîtres d’œuvre du système de santé de demain.

Les chantiers que nous avons devant nous sont nombreux. Le système de santé de demain devra pouvoir compter sur de nouvelles synergies entre les professionnels de ville, du médico-social et de l’hôpital, sur des outils numériques performants mis au service des patients et des professionnels de santé, sur un modèle de  nancement complètement revu et sur des formations qui prennent mieux en compte les impératifs de coopération entre les métiers et de qualité des soins. Pour chacun de ces chantiers des mesures fortes seront prises rapidement et nous poserons dès à présent les fondations du système de santé d’excellence, juste et performant que nous voulons en 2022.

 

Les rapports, remis à la ministre des Solidarités et de la Santé cet été, ont permis de déterminer 3 engagements prioritaires pour mener à bien le projet Ma santé 2022 :
# Placer le patient au cœur du système et faire de la qualité de sa prise en charge la boussole de la réforme
# Organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité
# Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé

 

LES 10 MESURES PHARES DU PLAN MA SANTE 2022

1. Création dès 2019, de  nancements au forfait pour la prise en charge à l’hôpital des pathologies chroniques dont le diabète et l’insuf sance rénale chronique pour leur partie hospitalière. Ces  nancements seront élargis à partir de 2020 à d’autres patho- logies et cette démarche inclura par la suite la prise en charge en ville en vue d’une meilleure coordination ville-hôpital.

2. Déploiement de 1000 Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour mailler le territoire national à l’horizon 2022. Une stratégie nationale de déploie- ment sera arrêtée d’ici  n 2018 et une négociation conventionnelle sera engagée dès 2019 pour donner un cadre pérenne de  nancement aux CPTS.

3. Soutien  nancier au développement des assistants médicaux auprès des médecins libéraux à condition que ces derniers exercent en groupe, s’inscrivent dans un exercice coordonné ou une CPTS et s’engagent sur un béné ce mesurable pour la population en matière d’accès aux soins (augmentation patientèle, réduction des délais de ren- dez-vous...), dans le but de libérer du temps médical et de permettre aux médecins de se concentrer sur les soins.

4. Labellisation dès 2020 des premiers « Hôpitaux de proximité », avec l’objectif de reconnaissance de 500 à 600 établissements. Ces derniers assureront des missions hospitalières de proximité, en médecine polyvalente, soins aux personnes âgées, soins de suite et de réadaptation, consultations de spécialités, consultations non programmées, et devront disposer d’un plateau technique de biologie et d’imagerie, d’équipes mobiles et d’équipements en télémédecine.

5. Réforme du régime des autorisations des activités de soins, dans une logique de gradation des soins entre proximité, soins spécialisés, soins de recours et de référence, organisées à des échelles territoriales nécessairement différentes et en s’appuyant sur des seuils d’activité quand cela est pertinent au regard des enjeux de qualité et de sécurité des soins. Elle se fera en plusieurs phases et aboutira dès 2020 sur de nouvelles normes pour certaines activités particulièrement structurantes pour les territoires, notamment les services d’urgence, les maternités, les services de réanimation, l’imagerie et la chirurgie.

6 Création d’un statut unique de praticien hospitalier, associé à la suppression du concours PH, pour faciliter l’entrée dans la carrière, diversifier les parcours profes- sionnels (reconnaissances des valences non cliniques) et faciliter l’exercice mixte.

7 Redonner au service son rôle de « collectif » dans l’organisation des activités de soins et le management de l’équipe soignante ; favoriser la reconnaissance collec- tive par la création d’un dispositif d’intéressement lié aux projets d’amélioration de la qualité de service ; prise en compte des compétences en management dans la nomination des responsables médicaux.

8 Élargissement des compétences de la commission médicale d’établissement pour renforcer la participation des médecins au pilotage des hôpitaux.

9 Suppression du Numerus clausus et refonte des premiers cycles des études en santé autour de processus d’orientation progressifs encourageant les passerelles et la diversification des prfils.

10 Réforme du 2e cycle des études médicales et suppression des épreuves clas- santes nationales pour une orientation tenant mieux compte des compétences et aptitudes des élèves et de leur projet professionnel.

 

 

 

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