Par le Professeur Eric Solary, Président du Conseil scientifique de la Fondation ARC, à l'occasion d'Octobre Rose

Octobre Rose, les 5 priorités de l'ARC dans le cancer du sein

- Théragora 22 septembre 2020 N° 37 - Page 0 - crédits iconographique Phovoir

60 000 femmes diagnostiquées avec un cancer du sein chaque année en France ne trouvant pas toutes une prise en charge adaptée, la Fondation ARC soutient les meilleurs projets de recherche, allant de la prévention et du dépistage en passant par l'innovation thérapeutique jusqu'à la qualité de vie – et ces projets sont sélectionnés de manière rigoureuse par des chercheurs bénévoles les plus pointus dans ces domaines.

 

« Malgré des avancées spectaculaires dans les 3 dernières décennies, le cancer du sein reste la première cause de mortalité par cancer pour les femmes de tout âge dans la majorité des pays développés. Notre compréhension de la complexité moléculaire des cancers du sein est aujourd'hui sans précédent. L'enjeu majeur qui se présente pour la communauté scientifique est d'apprendre à utiliser l'ensemble des connaissances foisonnantes, pour mieux sélectionner les traitements adaptés à chaque cancer du sein. »

Giampaolo Bianchini, oncologue au San Raffaele Scientific Institute de Milan et membre international du Conseil scientifique de la Fondation ARC 

 

DES RÉALITÉS HÉTÉROGÈNES EN FONCTION DE LA NATURE DES CANCERS DU SEIN

Chaque année, l'équivalent de l'ensemble de la population d'une ville comme Neuilly-sur-Seine est touché par le cancer du sein : environ 60 000 personnes !

60 000 femmes sont confrontées au diagnostic d'un cancer du sein, dont près de 3 000 ont moins de 40 ans.

500 nouveaux cas sont diagnostiqués chez les hommes.

Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme : 1 femme sur 8 développera un cancer du sein au cours de sa vie.

Mais ce cancer est aussi le plus mortel avec chaque année environ 12 000 patientes qui décèdent.

Mais, « bonne nouvelle », lorsque ces cancers sont détectés tôt, on arrive à guérir les patientes dans 90 % des cas.

 

LES CANCERS AGRESSIFS : DE QUOI PARLONS-NOUS ?

 

Ils peuvent être « par nature » plus agressifs et évoluer rapidement, ils peuvent aussi résister aux traitements, ou encore, on peut considérer que les cancers pris en charge très tardivement, au stade métastatique, sont compliqués à gérer.

Dans les cancers agressifs « par nature », on peut évoquer :

•• les cancers dits « Her2+ », qui représentent 15 à 20 % des cas de cancers du sein. Ces cancers ont pu récemment bénéficier d'une thérapie ciblée, le trastuzumab, qui a significativement amélioré la prise en charge. Mais il reste des questions auxquelles nous nous devons de répondre par des programmes de recherche ambitieux ;

• •d'autres cancers agressifs : les cancers dits « triple négatifs », qui représentent 15 % des cancers du sein. Contre ces cancers, pas d'hormonothérapie, pas de thérapie ciblée efficace…

 

 

FACE À L'ENJEU DE SANTÉ PUBLIQUE MAJEUR, SEULS LES PROGRÈS D'UNE RECHERCHE PUISSANTE EN VIENDRONT À BOUT !


La Fondation ARC soutient les meilleurs projets, sur tous les types de cancers du sein et s'intéresse à toutes les étapes de la prise en charge des patientes. En 5 ans, cela représente 19 M€ qui ont permis le déploiement de 180 projets lancés exclusivement grâce à la générosité de nos donateurs et à l'engagement de 150 chercheurs bénévoles français et internationaux.
Il reste de grands clusters de questions, que l'on peut classer selon 5 priorités : la prévention, le dépistage, les traitements – à la fois la résistance aux traitements actuels et le développement de nouveaux traitements – et la qualité de vie.


 

PRIORITÉ N° 1

LA PRÉVENTION

La Fondation ARC soutient notamment un programme qui cherche à comprendre si l'exposition à certains facteurs de risque, en particulier les polluants atmosphériques de la catégorie des perturbateurs endocriniens, n'augmenterait pas le risque de développer un cancer du sein. Ce vaste programme qui a pu bénéficier de 1 M€ se déploie sur 5 ans. Il permettra de mieux comprendre les possibles facteurs de risque liés à l'air, et donc de mettre ensuite en place des dispositifs de prévention.


 

PRIORITÉ N° 2

LE DÉPISTAGE

La Fondation ARC est membre actif d'un large programme européen piloté par la France qui vise à démontrer que l'organisation d'un dépistage individualisé du cancer du sein, c'est-à-dire un dépistage adapté au risque individuel de chaque patiente, pourrait être au moins aussi efficace et, on l'espère, plus efficace encore, que les programmes de dépistage organisés.


 

PRIORITÉ N° 3

LA RÉSISTANCE AUX TRAITEMENTS ACTUELS

Là encore, la Fondation ARC est présente. Par exemple, nous soutenons un projet qui vise à comprendre comment la radiothérapie ou des chimiothérapies peuvent favoriser une reprogrammation de certaines cellules tumorales, ce qui les rendrait capables de reformer une tumeur, et donc leur conférerait une résistance au traitement.

 

PRIORITÉ N° 4

LES NOUVEAUX TRAITEMENTS – L'INNOVATION THÉRAPEUTIQUE

C'est un sujet qui nous tient particulièrement à coeur et sur lequel nous avons énormément investi ces dernières années.

•D'abord, l'essai clinique Safir02, que nous avons soutenu depuis le démarrage et que nous soutenons encore, à hauteur de 4 M€. Ce vaste programme de médecine de précision dédié aux cancers du sein métastatiques est très innovant. Il a notamment permis de montrer des résultats plus qu'encourageants pour les cancers du sein triple négatifs : l'immunothérapie s'est avérée efficace chez ces femmespuisqu'on a réussi à passer de 14 mois de survie à 21 mois ! Un gain de 7 mois, à ce stade de la maladie, c'est rare et extrêmement précieux ! Dans la continuité de ce programme, nous venons de voter le soutien à un nouveau programme qui s'intéresse toujours aux cancers triple négatifs et à l'immunothérapie, mais à un stade de la maladie beaucoup moins avancé. L'objectif est d'intervenir le plus tôt possible dans la prise en charge, avec des traitements qui ont déjà présenté des preuves d'efficacité, dans l'espoir d'obtenir des effets importants !
 

•2e exemple sur l'innovation thérapeutique, un projet qui s'intéresse à certains types de vaisseaux sanguins très particuliers qui, lorsqu'ils sont présents au niveau de la tumeur, permettent une meilleure réponse aux traitements habituels. L'objectif de ce projet soutenu pour environ 0,5 M€ est d'identifier des molécules qui permettraient aux vaisseaux « classiques » de devenir ces « supervaisseaux ». Ce projet est donc porteur de grands espoirs, avec en particulier celui d'une nouvelle approche thérapeutique à la clé !

 

PRIORITÉ N° 5

LA QUALITÉ DE VIE

Avec 60 000 nouvelles femmes concernées chaque année, même si on les guérit dans beaucoup de cas, il n'en reste pas moins que les traitements impactent la qualité de vie. Deux exemples de recherches sur ces sujets :

• un premier essai clinique qui vise à montrer l'efficacité d'une activité physique adaptée sur la qualité des patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique afin de réduire leur état de fatigue ;

• un autre programme pour comprendre l'impact d'un cancer du sein, des traitements et des séquelles, sur le retour au travail des femmes. Ce projet est d'ailleurs complété d'un autre qui évalue l'intérêt d'un dispositif (une consultation médicale) pour aider les femmes à revenir au travail.

Et, pour « alimenter » ces 5 priorités, la Fondation ARC est convaincue de la nécessité de poursuivre les efforts de recherche permettant de mieux comprendre les mécanismes biologiques de formation et de croissance des tumeurs, et de l'impact de leur environnement immédiat (comme le système immunitaire). Ce sont ces recherches plus « en amont » qui vont permettre d'ouvrir les pistes pour les innovations thérapeutiques de demain !

 

Les entretiens de Théragora
Covid-19 : Le Pr Bruno Lina analyse la deuxième vague.
Le professeur Bruno Lina, virologiste et membre du conseil scientifique COVID-19 analyse pour Théragora l'arrivée de la deuxième vague du SARS-COV-2 en France. Selon lui, la reprise des contaminations n'a rien à voir avec la situation connue en mars et en avril. Le comportement des Français et la mise en pratique des mesures d'hygiène entraîne une baisse importante de la transmission du virus. L'arrivée de la grippe hivernale ne devrait pas trop impacter le pays, à l'image de ce qui s'est passé dans l'hémisphère sud.
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