AIDES

8 mars, les femmes réclament la PREP

- Théragora le 3 mars 2020 N° 31 - Page 0 - crédits iconographique Phovoir

 

Plus d’un tiers des découvertes de séropositivité, chaque année en France, concerne les femmes. Parce que biologiquement plus vulnérables au virus que les hommes mais aussi et surtout en raison des inégalités de genre, des violences sexistes et sexuelles et des conditions de vie précaires auxquelles de très nombreuses femmes sont exposées dans notre société. Parmi elles, et ce dans l’indifférence générale, les femmes migrantes, les travailleuses du sexe, les usagères de drogues et les femmes trans sont en première ligne quand on parle de risque d’infection à VIH/sida. Pourtant, des réponses existent, dont  la Prep. Ce traitement préventif contre le VIH fonctionne aussi pour les femmes ! Il est plus que temps que les autorités de santé publique s’investissent pour promouvoir et rendre accessible cet outil afin de donner aux femmes les moyens de se protéger et de reprendre le pouvoir sur leur prévention. 

 

 

 

La Prep a fait  ses preuves. En Angleterre, le lien entre la baisse massive des découvertes de séropositivités et son déploiement est établie[1]. En France aussi, les chiffres concernant les populations qui utilisent le plus la Prep - les hommes gays nés en France- sont plus qu’encourageants (- 16 % en France en 2018). Pourtant, alors que les femmes issues de certains groupes de population sont en droit d’y accéder, seules 3 % des personnes sous Prep aujourd’hui sont des femmes. 

 

Et pour cause, aucune campagne nationale d’information sur la Prep à destination des femmes les plus exposées au VIH  (femmes migrantes, les travailleuses du sexe, les usagères de drogues et les femmes trans) ! Les professionnels-lles de santé manquent par ailleurs encore cruellement d’information sur le sujet pour participer à son déploiement.

Combien de femmes répondant aux critères d’obtention se sont vues refuser la Prep pour ces raisons ? 

 

Comme souvent seules les associations de terrain comme AIDES sensibilisent, informent et accompagnent ces populations les plus précaires dans le choix le plus adapté à leur prévention mais cela ne suffit pas.  

Cette situation est inacceptable. Ne pas informer les femmes les plus exposées aux risques de contamination de l’existence d’un moyen prévention aussi efficace que la Prep, c’est les mettre en danger et continuer à faire le lit de l’épidémie. 

 

Nous dénonçons l’hypocrisie des politiques qui, tout en multipliant les discours contre les violences sexistes et sexuelles et les inégalités de genre, ne permet pas concrètement aux femmes les plus exposées au VIH de s’en protéger. Ne méritent-elles pas, à l’égal des hommes vulnérables au VIH, de disposer d’un outil qui peut les protéger ? 

 

La lutte contre l’épidémie n’est possible que si nous donnons à tous et toutes et notamment aux femmes les capacités à transformer la société et à trouver une autonomie dans cette lutte. 

Nous ne parviendrons pas à stopper les contaminations sans : 

  • La mise en place de campagnes nationales de prévention et de promotion de la Prep ;
  • l’octroi de moyens supplémentaires aux programmes de luttes contre toutes les violences faites aux femmes, ainsi qu’aux associations qui agissent contre ces violences ;
  • l’arrêt des politiques répressives qui fragilisent des femmes déjà vulnérables (pénalisation des clients des travailleuses du sexe délai de trois mois avant de pouvoir bénéficier d’une couverture médicale pour les migrantes, politiques prohibitionnistes sur les drogues qui favorisent l’isolement des usagères) ;

[1] https://www.gov.uk/government/publications/hiv-in-the-united-kingdom

 

 

Pour cette nouvelle Journée internationale des droits des femmes, l’ensemble des militants-es de AIDES se mobilisent dans toute la France avec un mot d’ordre : VI(H)OLENCES : Brisons nos chaînes. Toutes les actions prévues à cette occasion sont visibles sur cette page.

 

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